L’assurance vie française n’a jamais pesé aussi lourd : 2 107 milliards d’euros d’encours à fin 2025, un record. Mais ce qui retient l’attention, c’est ce qui se passe à l’intérieur. En 2025, 39 % des versements ont été libellés en Unités de Compte — une part qui a atteint 46 % en décembre. La tendance s’accélère, portée par une demande croissante de diversification et par des compagnies qui y voient un relais de croissance incontournable. Avec elle vient une complexité grandissante : multiplication des sous-jacents, pression réglementaire, transformation des SI.
C’est pour répondre à ces problématiques que nous avons organisé cette table ronde le 14 avril, en réunissant des experts des deux côtés de la chaîne de valeur. Voici ce qu’il faut en retenir.
Un marché porté par des intérêts convergents
La progression des UC résulte d’une convergence d’intérêts entre tous les acteurs. Pour l’épargnant, elles offrent diversification et accès aux marchés financiers. Pour le distributeur, une rentabilité nettement supérieure au fonds euros, dont les marges s’érodent. Pour l’assureur, une moindre consommation de capital sur des contrats dont la durée de détention moyenne est de 12 à 14 ans. Le retour en force des fonds euros depuis 2022 ne remet pas en cause cette dynamique, il la complète. La vision qui s’impose : un tiers en fonds euros pour la liquidité, un tiers en UC pour l’allocation dynamique, un tiers en produits diversifiants. Les UC ne sont plus un complément à l’offre : elles en sont le cœur.
Les produits structurés, nouveaux piliers de la collecte
Parmi les sous-jacents UC, les produits structurés se sont imposés comme le choix numéro un. Leur succès tient à une proposition de valeur lisible : dès la souscription, le client connaît les conditions de gain et les espérances de rendement — concrètes, et généralement au rendez-vous. Leur modèle économique a par ailleurs su s’aligner avec les attentes des réseaux de distribution, contribuant à une adoption rapide et large. Comme pour tout segment en forte croissance, la maturité du marché et l’évolution du cadre réglementaire amèneront naturellement une réflexion sur les modèles en place. Sur le plan opérationnel, les processus se sont largement professionnalisés, notamment grâce au recours à la blockchain pour fluidifier les passages d’ordres et réduire les frictions.
ETF et actifs réels : entre mode et réalité
Les ETF font l’objet d’une demande croissante, portée par la tendance. Mais leur intégration soulève une contradiction fondamentale : celle d’un produit coté en continu face à la mécanique d’une VL quotidienne unique en assurance vie. Au-delà de la complexité technique, l’effet de mode interroge sur la place à préserver pour la richesse de la gestion active française.
Les actifs réels progressent pour de bonnes raisons : ils s’inscrivent naturellement dans la durée longue de l’assurance vie, et la loi Industrie Verte a donné une impulsion supplémentaire sur les PER. Mais la question de la liquidité reste centrale. Des solutions existent — lockup glissant, ELTIF2 — et la mémoire encore vive de la crise immobilière récente invite à un pilotage prudent.
Value for Money : un exercice d’hygiène autant que de conformité
Au-delà de la contrainte réglementaire, le Value for Money s’est révélé être un exercice salutaire : fermeture de fonds sous-dimensionnés, renégociation des frais avec des dizaines de sociétés de gestion, remise à plat de relations commerciales figées depuis des années. En France, l’application reste souple comparée à d’autres juridictions — mais la compression des marges est engagée, et ses effets sur l’écosystème seront durables.
L’agilité du SI, condition de la sophistication
Derrière chaque nouvelle classe d’actifs ou évolution réglementaire se cache un défi opérationnel. Synchronisation actif-passif, passages d’ordres, reporting client, facturation des rétrocessions : tout doit fonctionner en temps réel, sans couture. Construire son SI de manière rationnelle, en évitant la multiplication de briques logicielles ad hoc, est devenu un enjeu stratégique. Les gaps technologiques qui différenciaient autrefois les compagnies s’effacent : la qualité des partenariats technologiques est désormais un vrai levier de compétitivité.
Transformer la complexité en avantage compétitif
Ces échanges nous ont confirmé une conviction : la complexité des UC n’est pas une fatalité. Bien adressée, avec les bons outils, les bons partenaires et une vision intégrée de la chaîne de valeur, elle devient un véritable levier de différenciation. C’est précisément ce que nous adressons chez Clearwater Analytics, aux côtés de Kapia RGI et Périclès Group : accompagner les assureurs avec des solutions qui leur permettent de gagner en agilité, de sécuriser leurs opérations et de se concentrer sur ce qui crée vraiment de la valeur pour leurs clients.
Nous remercions chaleureusement tous les participants et nos intervenants pour la franchise et la qualité de leurs contributions :
- Rémi Cuinat – Directeur des actifs en unités de compte, Generali France
- Cyril Fridman – Directeur Commercial, AG2R LA MONDIALE Épargne patrimoniale
- Patrick Tijet – Directeur Produits, Kapia RGI
- Yohann Niddam – Partner, Périclès Group
- Agathe Degoy – Directrice de projet, Clearwater Analytics
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